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Approche sereine de la mort, variations sur un thème imposé,vieux chagrins-vieux copains.
C'était une saison bizarre, les orpailleurs se contentaient de pyrite,à l'imagination féconde on avait substitué la rigueur et le calibrage.Méme la voix de la conscience s'était mise à émettre sur des fréquences inédites.
Seul le silence ne semblait pas concerné,et revendiquait, en douce, des vertus curatives.
Et Morphée, garce courtisanne, retardait son passage.
C'était une saison qui n'annonçait rien, hormis l'hiver nucléaire et les pluies acides d'Europe Centrale. Sur les chantiers lombaires,il fallait s'improviser architecte, la science des réves était banni, juste parce qu'on en voyait pas l'usage.
Madame Sommeil, grande salope, le peuple réclame ta téte,il en a marre de se faire vampiriser à coups de sablier.
En ces temps troubles,on veillait tard sur des équations impossibles,la parallaxe semblait vaciller, et les boulangers se firent alchimistes, en attendant le premier flash de France Info.
Et Morphée, enfin, daigna faire savoir que, non,elle refusait de venir, n'éprouva pas le besoin de se justifier, ne trouva à fournir que du temps perdu d'avance.
Et de la poésie bizarre.
Mélange irrationel et trés instable, qui produisait des pendeloques calligraphiques idiotes, mais dont les couleurs délavées, s'accordaient bien aux moments vagues, et aux journées trop longues.
Connaissant le sale caractére de la dame, on en demanda pas plus.
Ainsi se créa le métier de décorateur de l'inutile.
sansriendire
11/11/05